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Erreurs à éviter en parlant de sexualité avec un ado

Comment parler de sexualité avec un ado ? et quelles sont les erreurs à éviter pour transmettre le message d'une manière saine et juste?


Si les messages essentiels doivent avoir été transmis pendant l’enfance, un adolescent se pose à nouveau de nombreuses questions à la puberté : sur son corps qui change (l’acné, les règles, les éjaculations nocturnes…), sur les sensations nouvelles et agréables qu’il ressent. Il est important que les parents restent à l’écoute de ces questionnements, sans pour autant être intrusif. « L’important est d’ouvrir la porte à un dialogue, sans l’imposer ni se forcer si on se sent mal à l’aise, explique Patrice Huerre (1). Si les parents pensent que, pour eux, le sujet est trop délicat, qu’ils n’hésitent pas à prévoir pour l’ado un rendez-vous avec un professionnel de même sexe que lui (généraliste, pédiatre, espace santé jeune…). »

Quelles sont les erreurs à éviter ?

- Ne pas tenir compte de son âge. « Il n’est pas utile d’entrer dans les détails de l’acte avec les jeunes pubères (12-15) : ils n’ont pas encore eu de relations sexuelles, ils ne savent pas à quoi relier ces images dans leur tête », précise Daniel Marcelli (2).

   - Etre trop complice. « Le risque est de basculer dans la séduction, car l’adolescent est un être à vif, tout est pour lui « érotisable » (c’est-à-dire générateur d’émotions et de sensations) », explique Claude Halmos (3). C’est pourquoi il faut garder une certaine distance, parler clair, mais de façon pudique et chaste, en restant à sa place d’adulte. Et, bien sûr, ne pas parler de sa propre sexualité.

   - Parler à sa place. Avant de donner son avis, il est préférable de lui demander : « Et toi, qu’est-ce que tu en penses ? », pour l’aider à formuler ses questions et comprendre où il en est.

   - Vouloir tout savoir. « Les confidences sont souvent valorisées, mais elles sont ambiguës, prévient Claude Halmos. L’ado peut les faire car il se sent obligé de rendre des comptes sur sa vie privée ou parce qu’il a, inconsciemment, envie de faire participer l’adulte à sa sexualité (elles prennent alors une dimension incestueuse). » Quand l’ado parle de ses problèmes, il faut l’autoriser à ne pas raconter en détail ce qu’il fait, ce qu’il vit.

Faut-il prévenir les images pornos ?
  
   Selon Patrice Huerre, un enfant sur deux au CM2 a vu des images pornographiques. « Il faut que, dès la fin du primaire, l’enfant soit prévenu que ça existe et qu’il est possible d’en parler, explique-t-il. On peut lui dire : « Un jour ou l’autre, tu peux rencontrer des images susceptibles de te choquer. Ces images-là ne représentent pas la réalité de ce qu’il se passe entre un homme et une femme qui s’apprécient : c’est du cinéma, fabriqué par des marchands d’images pour faire de l’argent, ce n’est pas la vraie vie. C’est normal d’en être troublé ou gêné, tu peux nous en parler, tu n’as pas à avoir honte, on essaiera de voir avec toi s’il y a moyen de mieux contrôler l’arrivée de ces ima    ges. » »
  auteure Patrice Huerre.


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