Conte iranien:la fête du Shah-e Pariyoun
Il était une fois un couple très pauvre qui habitait près de la ville d'Issatis. Lui était berger et elle faisait des petits travaux à la ville dans les belles maisons. Ils avaient ainsi juste assez pour manger. Un jour elle passa devant une maison particulièrement magnifique vers laquelle plusieurs personnes se dirigeaient. Elle s'arrêta, fascinée et curieuse, et demanda s'il y avait là une sorte de cérémonie. On lui répondit que oui et qu'elle pouvait se joindre aux visiteurs. L'intérieur de la cour était encore plus beau. Sur le sol était posée une grande nappe en guise de table avec des fruits en quantité, tous murs et colorés, des noix, des amandes, du riz et des légumes qui dégageaient une odeur enivrante. Mais aucune viande. On lui expliqua que c'était la demeure du Shah-e Pariyoun (le roi des anges) et qu'aujourd'hui tout le monde était venu à jeun pour adresser leurs vœux à Dieu et qu'après tout le monde mangerait et que les voeux seraient exauces. La femme du berger fit comme les autres et pria pour une vie meilleure et plus facile. Elle promit de donner le même festin tous les ans si son vœu se réalisait. Ils mangèrent tous réunis et la femme du berger rentra chez elle pour raconter cette merveilleuse journée a son mari.
Le temps passa et la femme du berger tomba enceinte, en même temps que la femme du Shah. Elles accouchèrent aussi dans la même période, mais la reine n'avait pas assez de lait pour son enfant et le roi chercha une nourrice. Il trouva naturellement la femme du berger et ainsi commença pour le pauvre couple une vie meilleure et plus facile. Tout à son bonheur, la femme du berger oublia sa promesse. La reine demanda un jour à la nourrice de surveiller ses bijoux pendant qu'elle prenait son bain. Alors surgirent du mur des mains de pierres qui s'emparèrent des précieux objets et disparurent. La nourrice expliqua ce qui c'était passé, mais la reine qui n'avait rien vu ne la crut pas un instant. Le couple fut chasse du palais et leur vie misérable recommença. La promesse faite plus d'un an auparavant revint à la mémoire de la nourrice et elle décida de réparer sa faute en préparant le repas. Elle prit leur seul trésor, une bague, et la vendit pour acheter la nourriture, de beaux fruits, des noix, du riz et des légumes. Ils jeûnèrent, firent le voeu de retrouver leur vie précédente et mangèrent. En même temps, au palais, deux mains de pierres sortirent du mur pendant le repas royal et déposèrent devant le couple les bijoux volés. Le Shah et sa femme comprirent que la nourrice n'avait pas menti et ils allèrent eux-mêmes chercher le pauvre couple pour les ramener au palais.
Depuis ce jour, chaque année un beau repas est préparé pour la fête du Shah-e Pariyoun et toutes les familles zoroastriennes fêtent, chantent et dansent ensembles.
Les Zoroastriens ne sont plus tràs nombreux, et une bonne partie a fuit l'Iran pour l'Inde ou d'autres pays sous le ràgne du dernier Shah. La communauté la plus importante en Iran est à Yazd, où nous avons eu la chance de rencontré Mme Bamasi. Cette histoire est traditionnellement racontée pendant la fête du Shah-e Pariyoun, et comme la majorité des histoires zoroastrienne, elle finit dans la joie et la gaieté.
