De
nombreux couples désirent une grossesse, mais ne peuvent
avoir d'enfants, parce que l'homme n'a pas de spermatozoïdes ou la femme
n'a pas d'ovocytes. Une solution : le don de gamètes ou
d'embryons. Mais les donneurs sont rares et l'attente souvent longue. Tour
d'horizon.
Pour
un certain nombre de couples infertiles, les techniques habituelles
d'assistance médicale à la procréation (AMP) ne sont d'aucun secours,
parce qu'ils sont dépourvus d'ovules ou de spermatozoïdes, c'est-à-dire
des cellules reproductrices (gamètes) nécessaires à la formation d'un
embryon. C'est pour ces couples qu'ont été développés les dons de
spermes, d'ovocytes ou d'embryons. Ces techniques, strictement
encadrées par la loi, sont réservées à des cas très précis :
- Stérilités dues à l'absence ou à la mauvaise qualité des spermatozoïdes
chez l'homme et des ovocytes chez la femme.
- Exceptionnellement,
en dehors de la stérilité, pour éviter la transmission à l'enfant
d'une maladie héréditaire grave pour laquelle il n'existe pas de test prénatal
fiable, ou, dans le cas du don de sperme, pour éviter la transmission d'une
infection grave (VIH) à la partenaire ou à l'enfant.
Les dons, comme les autres
techniques d'AMP, sont limités aux couples hétérosexuels,
mariés ou vivant ensemble depuis au moins deux ans et en âge de procréer.
Pour les femmes de plus de 40 ans, la décision est généralement prise en
fonction des résultats d'un bilan hormonal.
Un bilan indispensable
Les dons de sperme existent
depuis 1972. Ils sont gérés par des établissements
agréés, notamment les Cecos (Centres d'Etudes et de Conservation des Œufs
et du Sperme humains), structures publiques ou privées à but non lucratif,
réparties à travers la France. Ces dons s'adressent aux couples ayant une
stérilité liée à l'absence de spermatozoïdes chez l'homme (azoospermie)
ou à des spermatozoïdes déficients, que se soit en raison d'une infection,
d'un accident, d'une cryptorchidie non traitée (absence de descente des testicules
dans les bourses), ou d'une anomalie génétique, comme le syndrome de Klinefelter
(présence de deux chromosomes X et d'un chromosome Y). Un spermogramme,
examen simple et non invasif, permet de faire le diagnostic d'azoospermie.
Dans tous les cas un bilan est fait parallèlement chez la femme, pour déterminer
la technique la plus appropriée pour l'utilisation du don : insémination
artificielle ou fécondation in vitro.
En cas de maladie de
l'homme nécessitant un traitement toxique pour les
gamètes (chimiothérapie ou de radiothérapie anticancéreuse), les possibilités
de conception ultérieures peuvent être préservées en prélevant et congelant
le sperme.
Si les spermatozoïdes sont seulement en faible nombre (oligospermie) ou
peu fécondant, il est habituel de tenter d'abord une fécondation in vitro
en réalisant une microinjection de spermatozoïdes à l'intérieur de l'ovocyte.
Cette technique appelée ICSI (pour IntraCytoplasmic Spermatozoïd Injection)
permet en effet souvent d'obtenir des embryons lorsque le sperme est incapable
de féconder naturellement l'ovocyte.
Enfin,
le don de sperme est de plus en plus rarement utilisé pour éviter la transmission
d'infections comme le VIH, puisque l'on dispose maintenant
de techniques (lire notre article Sida
: un bébé, est-ce possible ?).