Le cadavre d'une femme handicapée congelé et recouvert de chaux
Le cadavre d'une femme handicapée découvert au domicile d'une de ses
filles, soupçonnée de l'avoir tuée en 2004 avec son concubin, a été
«congelé», recouvert de «chaux et d'acide de batteries», a indiqué
lundi le parquet de Guéret.
D'après le procureur de la République Hervé Poinot, le couple aurait
congelé le cadavre avant de l'enterrer dans la cave de son domicile, à Arrènes (Creuse), «le recouvrant de chaux, puis d'acide de batterie avant de couler une dalle de béton sur les restes».
Le couple, qui habitait la région de Bourganeuf (Creuse), a été mis en
examen samedi pour «violences habituelles sur personne vulnérable,
suivies de mort» et écroué, l'homme à Guéret, sa concubine à Limoges, a
précisé Hervé Poinot.
Selon la gendarmerie, qui a mené des investigations pendant près de
deux ans, Madeleine Alleyrat, une adulte handicapée, a disparu de son
domicile en février 2003, après s'être rendue aux obsèques de sa mère à
Lavareix-les-Mines (Creuse). Pendant un an, la victime aurait été
«séquestrée, violentée et torturée» par ce couple, selon le procureur
Hervé Poinot.
A l'occasion d'un déménagement vers Saint-Priest-La-Plaine(Creuse), les assassins présumés auraient également exhumé la dépouille
pour la dissimuler d'abord «dans une lessiveuse» et ensuite répartir
les ossements «dans des bidons contenant du goudron et des peintures»
stockés à leur nouveau domicile, où les enquêteurs les ont retrouvés.
En janvier 2004, son absence prolongée avait inquiété la famille et
justifié «une enquête de recherches dans l'intérêt des familles et une
enquête préliminaire». Les soupçons se sont rapidement portés sur une
des filles de la disparue, âgée de 26 ans, et son concubin, un
chauffeur routier de 47 ans, qui semblaient «dissimuler des
informations».
Dans un communiqué, la gendarmerie précise que, lors l'interpellation
du couple, le 29 novembre 2007, la jeune femme aurait dénoncé son
concubin, coupable, selon ses dires, d'avoir «le 8 mars 2004, suite à
une dispute, porté de violents coups ayant entraîné la mort» de la
victime.
Les enquêteurs ont par ailleurs relevé que sa carte bancaire avait été
utilisée jusqu'en mars 2006 et que les assassins présumés auraient
encaissé sa pension d'adulte handicapée.
